Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 22:02

Parmi la faune qui peuple les mers et les océans se trouvent de nombreux vers et de tout aussi nombreuses limaces. Ce n'est pas la première fois que j'en parle ici, le sujet est même presque récurrent.
Leur relative petite taille fait que l'on peut facilement passer à côté en plongée, sans les apercevoir. C'est peut-être aussi cela qui fait que chaque rencontre reste un moment peut-être pas exceptionnel mais en tout cas « savoureux », souvent riche en couleurs. À l'exemple de ce nudibranche violet et jaune photographié à Mayotte, ou de cet autre mollusque aux contrastes éclatants aperçu dans les eaux de l'île Maurice. Tel, également, ce ver planaire acrobate (toujours à Mayotte), ce ver porcelaine ou cet autre ver « de feu ».

Cependant, la première planaire que j'ai pu oberver en plongée reste cette planaire blanche (ou grande planaire rayée). C'était il y a maintenant quelques années, dans le sud de la Bretagne.

Grande planaire blanche rayée
Planaire blanche

Ce type de d'un ver plat est donc... extrèmement plat ! Son épaisseur est de l'ordre du millimètre. Que peut-on en dire ? Il appartient à la famille des plathelminthes. Il ne possède ni branchie, ni coquille. Sa bouche fait aussi fonction d'anus. Il ne possède ni système circulatoire, ni organe respiratoire. Il n'a pas d'yeux, juste des ocelles photorécepteurs. Bref, un animal d'une simplicité déconcertante autant qu'intrigante puisqu'avec rien il arrive à assurer toutes ses fonctions vitales : se déplacer, se nourrir, se reproduire, respirer, etc.

Seuls organes notables, puisque visibles (à droite sur les deux images), les deux cornes sensorielles situées à l'avant du ver et qui, accessoirement, permettent justement de distinguer l'avant de l'arrière de l'animal.

Ver planaire
Grande planaire rayée

Une dernière précision. Ces photos ont été, à l'époque, prises sans flash, en lumière naturelle. Pas à grande profondeur certes, mais quand même. Ce qui prouve qu'en Bretagne aussi l'eau peut être claire. Qu'elle n'est pas forcément verte et chargée. Pas toujours en tout cas ;)

Un site pour ceux qui veulent en savoir un petit peu plus et voir d'autres photos : Sous les mers.

Par Metropolis - Publié dans : Faune sous-marine - Communauté : Bulles
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 16:33

Pourquoi plonge-t-on ?

À chacun sa réponse, à chacun ses motivations. Pour ma part, le premier intérêt que je vois à la plongée, c'est que - justement - il s'agit de bien autre chose qu'une « simple » activité sportive. C'est avant-tout une découverte de tous les instants. Chaque minute passée sous l'eau n'a pour objectif que l'observation, la contemplation d'un univers autre et méconnu.

Dans cette démarche, mes photos visent (en toute modestie et à mon petit niveau) à « capturer » des instants éphémères ou des situations inédites pour qui n'habite pas les mers et les océans. Il en va ainsi de la photo suivante qui ne manque pas d'interroger : que fait cette étoile de mer ? Pourquoi se tient-elle ainsi, à bout de bras, alors que ses congénères se déplacent généralement à plat ?

Étoile de mer
Le festin d'une étoile de mer

On pourrait tout à fait croire qu'il s'agit d'une quelconque position du Kama Sutra des échinodermes. L'étoile aurait été surprise en plein élan de reproduction. Mais non ! C'est bien plus... pragamatique que ça, bien plus banal et terre à terre (si l'on peut dire ça d'un animal marin :) Elle mange !

Le festin de l'étoile de mer

Elle mange, mais elle mange façon étoile de mer. Avec des pratiques que d'aucun pourraient croire érotico-sado-maso. En effet, pour savourer son festin de moules (on en voit quelques « cadavres »), l'étoile de mer pratique en 4 temps :

1 ... Elle ouvre les coquilles des mollusques à l'aide de ses bras musclés ;

2 ... Elle pratique une savante dévagination de son estomac pour introduire celui-ci dans la fente créée par l'ouverture des coquilles ;

Précision : Une dévagination désigne « le mouvement de retournement d'un organe creux, qui, en faisant passer la paroi interne à l'extérieur, fait de lui un organe saillant » (source Larousse.fr).

3 ... Elle asperge sa proie d'éléments digestifs destinés à en faire une espèce de soupe plus facile à avaler ;
4 ... Elle avale le tout et remet son estomac en place !

En résumé : l'étoile de mer ne peut pas directement avaler des proies (comme les moules) relativement grosses par rapport à la taille de sa bouche. Elle fait donc l'inverse : elle amène son estomac vers sa proie ! Et pour faire toutes ces acrobaties, l'animal doit se mettre au-dessus de ce qu'il va manger.  D'où la position dans laquelle se trouve l'étoile photographiée. Littéralement, elle enjambe (avec ses bras :) son repas.

Par Metropolis - Publié dans : Faune sous-marine - Communauté : le monde du dessous
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 19:50

Certaines espèces marines se rencontrent un peu moins fréquemment que d'autres. Du fait de leur petite taille ou de leur mode de vie par exemple. Il en est ainsi, en ce qui me concerne du moins, de l'araignée des anémones. Je n'ai pu l'observer que peu de fois. Néanmoins, à trois ans d'intervalle, deux plongées dans les eaux bretonnes m'ont permis de réaliser les deux clichés suivants. Deux photos de deux araignées en déplacement sur la roche ou le fond marin.

Araignée des anémones
Une araignée des anémones... en 2011

Deux photos qui sont aussi l'occasion de dire quelques mots sur l'animal et, notamment, de rétablir une « vérité scientifique » : l'araignée des anémones (Inachus phalangium) n'est pas, contrairement à ce que laisse entendre son nom, une araignée mais bien un crabe. Un petit crabe décapode qui a hérité du nom d'araignée à cause de la forme de ses 10 pattes (5x2 paires), particulièrement longues et fines.

Araignée des anémones
Une araignée des anémones... en 2008

De façon tout aussi évidente, si le crustacé se nomme « araignée des anémones », c'est parce qu'il vit en général à l'abri - ou en tout cas à proximité - des tentacules d'une anémone de mer, et plus particulièrement de l'anémone verte. À l'image du poisson-clown dans les eaux tropicales qui ne s'éloigne jamais de sa protectrice.
Les deux principales caractéristiques de l'animal : de longues et frêles pattes et une carapace jaune-orange recouverte de bouts d'algues ou d'éponges qui le rendent pratiquement invisible dans son milieu. Ses longues pattes lui servent à s'accrocher aux tentacules de l'anémone.

Voilà donc, en quelques mots, ce que l'on peut dire sur l'araignée des anémones. En attendant la prochaine rencontre sous-marine...

Par Metropolis - Publié dans : Faune sous-marine - Communauté : Mer, plongée et photos
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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 13:37

Un blog, ça se lit... en principe. Mais il y a, de temps en temps, des exceptions à cette règle.
L'article en est une, d'exception. Il est une invitation à tendre l'oreille, il a pour but de vous inviter à écouter the sounds of the sea.

Baleine à bosse Le site anglais de BBC News a mis en ligne, il y a quelques jours, un article à propos des « oreilles de la mer » et des sons qu'il est possible de capter dans l'eau.
Une des premières qualités de cette page, c'est d'avoir rendu le propos très concret avec un certain nombre d'illustrations sonores accessibles en ligne. Certaines sont très poétiques : le chant des orques ou d'une baleine à bosse. D'autres sont plus tragiques comme celle à propos du séisme qui a frappé le japon en mars 2011.

Quoi qu'il en soit une page très intéressante... à écouter : Sounds of the sea: Listening online to the ocean floor !

Par Metropolis - Publié dans : Clins d'œil et cartes postales - Communauté : Bulles
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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 18:59

Aujourd'hui, reprise d'un vieil article, actualisé et illustré par de nouvelles photos. Un article consacré aux ascidies, des organismes vivants qui, l'air de rien et contre tout attente, sont des... animaux !
Pour aborder les ascidies, je m'intéresse plus particulièrement aux clavelines, les « clochettes des mers ».

Les ascidies, des animaux primitifs évolués

La famille des ascidies regroupe différentes espèces (dont l'ascidie coloniale dont j'ai déjà parlé). Des espèces qui, pour faire court, ressemblent à des tubes, ou plutôt des syphons, avec deux orifices. Un orifice inhalant par lequel entre l'eau de mer et un orifice exhalant par lequel... elle ressort ;)

Clavelines bleues
Clavelines bleues

À l'intérieur du tube, l'eau est filtrée, la nourriture amenée à l'estomac et les déchets évacués par un anus. Tout ça dans ce qui à l'air de presque rien.

Pour terminer cette courte introduction aux ascidies, voici ce qu'en a écrit Steven Weinberg dans son livre « Découvrir l'Atlantique, la Manche et la mer du Nord » (Éd. Nathan) :

« Si primitif que puisse paraître cet animal, les zoologistes le considèrent comme le plus évolué des intertébrés [... car] au stade larvaire, quand l'animal nage encore à l'aide de sa queue, il possède une chorde dorsale, précurseur de la colonne vertébrale. [...] Si l'on considère la larve avec sa bouche, son anus, sa chorde dorsale et sa queue musclée [...] on n'est plus très loins d'un poisson primitif [...], de l'ancêtre des vertébrés »

Comme quoi, il ne faut vraiment pas se fier aux apparences.

Clavelines blanches
Clavelines blanches

Les clavelines, les clochettes de la mer

J'ai toujours eu du mal, jusqu'à présent, à bien photographier des clavelines. Que ce soit en Bretagne, pour la photo ci-dessus, ou à Mayotte, pour ce qui est des clavelines bleues. J'espère néanmoins que l'on voit suffisamment, sur ces trois images, que les clavelines sont des ascidies transparentes avec une bordure marquée, blanche ou bleue pour les espèces photographiées, qui distingue bien l'orifice inhalant (plus grand) et l'orifice exhalant (plus petit, sur le côté).

La première fois que l'on croise un bouquet de clavelines lors d'une plongée, on a vraiment l'impression de se trouver en face de clochettes, des clochettes de cristal. Celles-ci mesurent de 1 à 3 cm. On les croisent assez régulièrement en Manche et en Atlantique, à toutes les profondeurs. Elles sont accrochées aux rochers, aux algues, etc. par grappe. Il est donc assez facile d'en voir, quel que soit son niveau de plongée. Une raison - un bohneur - de plus pour plonger, notamment en Bretagne !

Bouquet de clavelines bleues
Bouquet de clavelines bleues

Par Metropolis - Publié dans : Faune sous-marine - Communauté : le monde du dessous
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