20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 06:15

Ce blog a débuté avec une série d'articles sur les origines des îles volcaniques comme Mayotte, des lagons en milieu corallien et des atolls.
Je termine aujourd'hui cette série par un dernier article consacré aux particularités du lagon de Mayotte.
 

Mayotte, son lagon et sa barrière récifale
Mayotte, son lagon et sa barrière récifale


1°/ Tout d'abord, le lagon de mayotte est un des plus vaste au monde : env. 1 000 km².
Pour être tout à fait exact, je ne sais pas s'il s'agit d'un des plus vaste ou du plus vaste. La littérature sur le sujet est partagée. Quoi qu'il en soit, sa surface est donc bien d'à peu près 1 000 km² pour des profondeurs de quelques dizaines de mètres (100 max). Ce qui est largement suffisant pour faire de la plongée :)

2°/ Le lagon mahorais possède une double barrière de corail : le récif externe, qui détermine les limites du lagon, et le nouveau récif frangeant.
Pourquoi nouveau ? Si l'on revient un petit peu sur la formation d'un lagon, on se souvient qu'en phase de subsidence, quand l'île volcanique s'enfonce dans la mer, le récif frangeant initial se « détache » des abords de l'île puisqu'il reste immobile pendant que l'île entame son mouvement descendant.
Une fois la subsidence terminée, quand le récif frangeeant est devenu barrière de corail qui ferme un lagon, un nouveau récif frangeant peut se créer autour des nouveaux abords de l'île. D'où cette double barrière. Mais ça, ce n'est pas spécifique à Mayotte.

N.b : Sur le fond d'un lagon, entre les deux barrière, les blocs coralliens isolés que l'on peut trouver sont appelés des patates.
N.b2 : Le plateau peu profond d'un récif frangeant s'appelle un platier. Il peut être découvert à marée basse et se termine par un tombant qui descend au fond du lagon.

3°/ Plus spécifique à l'Hippocampe, au sud de l'île, se trouve une barrière interne ; Dans les eaux du lagon donc, entre le récif frangeant et la barrière externe.
Il s'agit d'un phénomène géologique rare qu'on ne retrouve, hormis à Mayotte, qu'aux îles Fidji et en Nouvelle-Calédonie. Ici, cette barrière interne est très probablement due à une reprise de la subsidence dans le sud uniquement.

4°/ La barrière externe fait env. 150 km de long sur 100 à 500 m de large.

5°/ Elle est coupée par 12 passes, 12 passages entre le lagon et l'océan.
Ce sont, en fait, les embouchures des anciennes rivières de l'île qui s'écoulaient jusqu'à la barrière coralienne du fait de l'assèchement du lagon pendant l'ère glaciaire. Lorsque le niveau de l'eau est remonté, les coraux ont repris leur construction verticale sur les anciennes bases, interrompues ça et là par les embouchures.

6°/ Le récif frangeant mesure env. 300 m de large.

7°/ Le lagon est protégée par une réserve de pêche et un parc terrestre et marin.
La réserve marine, la Passe en S, a pour vocation d'être une zone protégées des techniques de pêche « destructrices » et de devenir une zone de reproduction active, une pouponnière, dans laquelle les jeunes poissons peuvent grandir tranquillement.
Le parc, à la fois marin et terrestre, au sud de l'île, de la Pointe Saziley à l'ilôt de sable blanc, est une zone de protection du milieu où toutes les activités notamment agricoles sont surveillées de près.

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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 20:47

Une petite brève, une nouvelle fois péchée dans Mayotte Hebo (n° 417 du vendredi 27 fév. 2009) sous le titre « Déménagement de coraux en Nouvelle-Calédonie » : suite aux nombreuses pressions, les usines qui exploitent le Nickel en Nouvelle-Calédonie ont accepté de financer le déplacements des coraux pour qu'ils ne soient plus menacés par les rejets des usines en mer.

Vu comme ça, l'idée semble séduisante, presque irréelle. On se dit que tout est possible, que la technologie est belle quand elle permet de faire ce genre de chose, que - bientôt - les coraux n'auront plus à souffir des activités humaines, que les barrières de corail vont être plus belles que jamais, que...
Que rien du tout (ou pas grand chose en tout cas). Car :

1°/ Ce financement n'est que, finalement, l'achat d'un droit de pollution pour les firmes concernées. Elles peuvent ainsi continuer à rejeter leurs déchets en mer et se servir de l'océan comme poubelle.

2°/ Ce déplacement n'est pas toujours une réussite. Sur l'un des deux sites d'accueil, le corail a beaucoup souffert. Il a beaucoup été détruit par les poissons et autres organismes autochtones qui ne voyaient, dans ce corail transplanté, qu'un intrus sur leur territoire.

3°/ Il n'est jamais question du problème initial, celui de la pollution. S'extasier sur la possibilité de déplacer du corail ne règle en rien ce problème. Il permet juste de le contourner, et surtout d'en parler moins.

Une telle démarche ne peut donc être qu'une fausse bonne réponse, très ponctuelle et très localisée, et surtout pas la solution miracle à un problème plus global.

Moralité : c'est pas si simple de s'acheter une conscience !
 

Mur de corail
Mur de corail dans le lagon de Mayotte

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 08:07

Dans mon précédent blog, je revendiquais déjà le droit à l'erreur.
Le droit, un peu écorné par la technologie numérique, de faire de belles photos... mais également de moins belles, qui ne doivent pas forcément être immédiatement effacées pour autant.

Cette revendication s'était concrétisée par une galerie de photos ratées.

Je persiste donc et je signe. Je récidive en créant ma 2e galerie de photos ratées.
Une galerie dans laquelle sera présentée une sélection (quand même, les places seront chères) de mes plus beaux échecs, au gré de mes différents plantages et de mes nombreux loupés.

Ce soir, en inauguration de l'évènement, une première photo sur le thème : « où qu'il est le poisson (le poisson-ange pour être exact) ? »
 


Un poisson-ange ?


Si, si, il est bien là, à peu près au centre de la photo... sauf qu'il a opéré un virage à 90° au moment où j'ai déclenché.
Et l'inconvénient, avec les poissons plats comme le poisson-ange, c'est que, pris sous un mauvais angle, ils deviennent nettement moins photogéniques. On ne les distingue quasiment plus du fait de leur excès de platitude.
 


Éh oui, un poisson-ange

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 06:21

Cela pourrait être le début d'un conte africain. Il ne s'agit en fait que du titre d'un nouveau petit article pour une (petite) photo sur le vif . Un instantané du quotidien mahorais, ici sur une plage de la baie de N'Gouja, dans le sud de l'île.

Une photo que je trouve sympa... pour l'ambiance, les couleurs, la situation, somme toute banale et quotidienne à Mayotte. Une photo dont je suis plutôt satisfait. Et comme les photos sont quand même faites pour être montrées et partagées...
 

4 zébus sur une plage
4 zébus sur une plage...

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 20:36

À la lumière de mon précédent artcile sur le Zancle (ou poisson Cocher cornu), une petite devinette.
Est-ce un Zancle ou non photographié ci-dessous ?
 

Zancle ou pas Zancle ?
Zancle ou pas Zancle ?


 La réponse prochainement.

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 11:50

Nous sommes sur l'Hippocampe depuis maintenant 2 mois (un peu plus même) et, hormis l'évident environnement tropical et le climat qui va avec, certains détails de la vie quotidienne ne trompent pas : nous ne sommes plus en métropole.

En effet, nous ne sommes plus en métropole car :

. Les shorts, bermudas et autres « manches courtes » occupent de façon permanente le haut de la pile de linge et ne sont plus écrasés sous les pantalons (les quoi ?) ;

. La tong est devenue « chaussure de ville » ;

. Les maillots de bains sont toujours à portée de main. De toute façon, ils n'ont qu'à peine le temps d'être rangés avec le rythme soutenu baignade - rinçage - séchage - re-baignade - re-rinçage - re...

. À côté des maillots de bains, la crême solaire et les lunettes de soleil restent « toujours prêtes » ;

. Le journal de 20h se regarde... à 22h ;

. On ne téléphone plus (c'est ringard). Maintenant on « webcame » à la famille (vive la technologie) ;

. Les fruits du quotidien ne sont plus pommes et poires mais pommes cannelles et mangues. Seule la banane résiste ;

. L'horaire des marées est devenu livre de chevet. Pour savoir quand c'est le bon moment pour aller sur la plage de N'Gouja :)

Ça n'a l'air de rien mais ça change pas mal... et c'est qu'on y prendrait presque goût :)

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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 11:54

Ou Cocher cornu, ou Porte-enseigne, ou - pendant qu'on y est - Zanclus Cornutus.
 

Deux Zancles dans la passe en S
Deux Zancles dans la passe en S


Une autre rencontre sympathique, fréquente et facile (car possible même à très faible profondeur) des récifs du lagon de Mayotte.

Une véritable caricature de lui-même en ancien-combattant-chef-de-l'aquarium dans le film de Némo.
Avec le même petit air de mépris dans l'œil, de supériorité naturelle un peu coincée et de flegme aristocratique. Tout ça à la fois.

Il faut s'imaginer un poissons tout plat ; En exagérant à peine, vu de haut, on ne le distingue plus. Plat donc avec un corps arrondi et une nageoire dorsale qui s'étire démesurément (et qui lui vaut ses nombreux petits surnoms).

Question nourriture, bien que fréquentant les récifs, le Zancle se nourrit d'éponges plutôt que des polypes coralliens.
 

Un banc de Zancles sur le récif de la plage de N'Gouja
Un banc de Zancles sur le récif de la plage de N'Gouja


Une dernière précision. Le Zancle peut facilement être confondu avec le Cocher tout court (un cousin du Chétodon de Pennant endémique de mer Rouge) qui est pourvu lui-aussi d'une excroissance de la nageoire dorsale.
Cependant celle-ci est plus longue chez le Cocher cornu.
De plus, le Zancle possède un museau pointu et orangé que n'a pas l'autre, une nageoire caudale (queue) noire (jaune pour l'autre) et un corps plutôt jaune (blanc pour l'autre).

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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 19:37

Une modeste première certes mais une première quand même, de celles qui flattent un peu mon égo : ma première rencontre avec un poisson Fistulaire dans le lagon de Mayotte et, surtout, ma première photo pas trop mal réussie d'un tel poisson.
 

poisson Fistulaire
Un poisson Fistulaire


 Réussie, de mon point de vue en tout cas.
On distingue en effet bien le poisson (notamment grâce à un savant contraste entre le corps clair et un fond sombre :) dans son intégralité avec toutes ses particularités : ce corps bleu démesurément allongé et fin, cette bouche en trompette, cette paire de nageoires ridicules et cette nageoire caudale (la queue) encore plus bizarre.

D'habitude, enfin je devrais plutôt dire la première et unique fois jusqu'à ce samedi où j'ai eu l'occasion de croiser un Fistulaire, c'était en mer Rouge... avec un individu un peu moins coopératif.

Et forcément, un Fistulaire vu de dos, ça devient rapidement moins photogénique : un point !

Celui de samedi, près de l'îlot M'Bouzi, par contre, c'était tout l'inverse. immobile, stoïque, patient. Suffisament en tout cas pour que je puisse prendre cette photo.

Pour plus d'info sur le Fistulaire, je renvoie à mon premier blog : Les poissons Fistulaires, une autre curiosité sous-marine.

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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 11:36

Ça y est ! J'ai eu, à mon tour, la révélation du 5e élément.

Déception cependant. Celui-ci n'a pas les magnifiques yeux de Leeloo (prêtés pour l'occasion par Milla Jovovich).

Non, après l'eau, l'air, la terre et le feu... il y a l'essence :)
 

Débarquement des camions de ravitaillement sur Grande Terre, Mayotte
Débarquement des camions de ravitaillement sur Grande Terre, Mayotte


Élément, que dis-je ? « V.I.E » (Very Important Element) qui dispose de sa barge privée pour débarquer en grande pompe (c'est la cas de le dire) et ainsi alimenter les stations de Mayotte.

Merci qui ?

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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 17:07

Il y a quelques temps, j'ai écrit, sur mon premier blog breton, un post ~ Requiem pour les requins ~ en réaction à un article de Céline Lison paru dans un numéro du National Geographic à propos du finning.
Je continue aujourd'hui, toujours en réaction à un article, mais un article du dernier numéro de Mayotte Hebdo : la Commission européenne a présenté son premier plan d'action en faveur des requins !

Rappel : chaque année, on dénombre, d'un côté, quelques dizaines d'attaques de requins visant des hommes ; De l'autre, plusieurs centaines de milliers de tonnes de requins pêchés à travers le monde, tués ou simplement mutilés par la découpe de leurs ailerons (afin d'alimenter le marché asiatique).
On appelle cette pratique barbare le finning. Barbare car une fois découpé, l'animal est rejeté vivant dans l'eau où, ne pouvant plus nager, il meurt en s'étouffant.
Les requins sont donc littéralement exterminés et de nombreuses espèces sont menacées d'extinction.

Début février, l'Union européenne, « responsable de 56% des importations mondiales de chair de requin et 32% des exportations » (source Mayotte Hebdo, n° 415 du 13 fév. 2009), a donc proposé son plan d'action.
Celui-ci vise à contrôler et réglementer la pêche aux requins pour les bateaux européens.

Un premier pas à saluer donc. En espérant que ce plan ne reste pas un vœu pieux, que sa mise en œuvre devienne effective rapidement et qu'il soit suivi par d'autres.

Dans ce même numéro de Mayotte Hebdo, il y a un article à propos de l'association Surfrider qui organise sa 14e opération internationale « Initiatives Océanes » de nettoyage des plages, du 19 au 22 mars.
Je ne sais pas encore si l'opération est relayée sur l'Hippocampe (il y en aurait bien besoin) mais l'article indique deux sites pour se renseigner : www.initiativesoceanes.org et www.surfrider.fr.
Un chiffre éloquant rappelé par l'ONG : chaque kilomètre d'océan contiendrait 120 000 morceaux de plastique ; celui-ci mettant 400 ans à se dégrader en milieu marin.


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