18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 11:34

Samedi dernier, j'ai assisté à une scène bien triste mais régulière à Mayotte, quoi qu'encore inédite pour moi : la récupération, par la gendarmerie, d'une barque chavirée de comoriens.

Pour je ne sais quelle raison - il semble que ce ne soit pas la procédure habituelle - les militaires ont accosté au ponton de Mamoudzou pour attendre 2 ambulances qui devaient évacuer 1 mort et 1 blessé. Pour ce que j'en ai compris en tout cas. La situation étant un peu floue et les versions divergentes.

Le temps de tout cela, un attroupement s'était formé. Et - forcément ? - les esprits ont commencé à s'échauffer et les choses à se détériorer : cris, provocations, échauffourés, prises de becs et de mains...

Aucun M'zungu (blanc) n'étant pris à partie, ni mélé à cela, j'imaginais une confrontation entre comoriens et mahorais. Ce dont j'ai eu la confirmation quand un des bélligérants a crié en français, plutôt qu'en shimaorais (pourquoi ?) : « T'es qui pour insulter notre île, rentre chez toi, t'as rien à faire ici, etc. etc. »

Triste réalité donc que ces gens qui trouvent la mort en cherchant une vie meilleure.
Triste réalité également que cette haine, ce racisme latent entre les habitants d'îles pourtant si proches.

L'histoire est ce qu'elle est et les voies choisies différentes et divergentes.
L'immigration est un vrai problème pour ce bout de terre non extensible.
Néanmoins, j'imagine mal comment Mayotte, isolée entre l'énorme continent africain, l'archipel comorien et Madagascar, pourra se développer sans tenir compte de son environnement géo-politique proche ; Environnement qui, par ailleurs, est plutôt en train de se détériorer.

Je ne sais pas à quoi va aboutir le G.T.H.N, dont on nous dit qu'il travaille d'arrache-pied, mais une coopération inter-îles n'est-elle pas préférable à un développement parallèle, indifférent et conflictuel ?

Surtout si le développement des Comores est financé par l'Iran du très démocrate Ahmadinejad.
Surtout quand on reparle, aux comores, de séparatisme et de sécession à l'occasion du référundum très contreversé de ce week-end au sujet de la réforme constitutionnelle souhaitée par le dirigeant comorien.
Ce qui d'ailleurs laisse songeur quant à la prétendue unité du peuple comorien selon laquelle Mayotte se devait de revenir dans son giron historique.
Surtout quand le racisme inter-communautaire s'affirme régulièrement (de plus en plus ?) sur l'île ? Cf. les récentes et violentes confrontations entre mahorais et rwandais.

Il faut espérer que les futurs cadres politiques de Mayotte seront plus ouverts et surtout moins hypocrites à ce sujet. Et qu'ils prendront plus d'initiatives que ceux qui se sont présentés place Beauvau dernièrement et qui se sont fait remonter les bretelles par Yves Jégo.

À ce sujet, je trouve, pour ma part, ahurissants des commentaires désabusés du genre : « On a tout à faire et comme c'est l'État qui a l'argent, je m'attendais à ce qu'il nous fixe les priorités. », « Le gouvernement a-t-il un vrai projet pour Mayotte ? »
Et eux, qui vivent Mayotte au quotidien, perçoivent-ils des priorités pour Mayotte ? Ont-ils un vrai projet pour l'île ?
En tant qu'élécteur, j'attends plus d'initiatives de la part d'un élu local pour ce qui est du développement... local. Sauf erreur, ce sont bien des décideurs qu'on élit. Pas des moutons.

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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 09:23

Vous avez dit bizarre ? Comme c'est étrange !
Ce week-end, Mayotte a servi d'escale au navire Marion-Dufresne.

 
Le Marion-Dufresne en escale à Mayotte
Le Marion-Dufresne en escale à Mayotte


Bien ! Mais... qu'est-ce que le Marion-Dufresne ?

Renseignement pris, il s'agit d'un navire affrété par l'Institut polaire français Paul-Émile Victor (Ipev) et les Territoire des Terres Australes et Antarctiques Françaises (Taaf).

(.) Moment de solitude.

Un navire polaire sous les tropiques ?
Est-ce que le Terre se réchauffe où se refroidit ?
Est-ce que le réchauffement de l'Hémisphère Nord de traduit pas un refroidissement au Sud ?
Est-ce que l'hiver tropical (je vais « affronter » mon premier) est si terrible que ça ?

Je continue mes investigations.
Le Marion-Dufresne a deux missions principales :
     . La recherche océanographique ;
     . La logistique des îles australes françaises (ravitaillement, etc.)
Bon. Mais encore...

Ce bateau mène actuellement une expédition scientifique complète dans les îles Éparses.
Fichtre, la piste de complexifie.

Les îles Éparses, d'origines coralliennes, se trouvent autour de Madagascar et sont constituées des îles Europa, Bassas-da-India, Juan-de-Nova, Tromelin ainsi que l'île Grande Glorieuse et l'île du Lys qui composent les Îles Glorieuses.
Et il s'avère que les îles Éparses sont un des cinq districts des Terres australes et antarctiques françaises.

(.) Autre moment de solitude.

Le Taaf s'occupe donc d'îles tropicales. Et oui, puisqu'il s'occupe des Terres Australes. Surprenant au premier abord mais logique.

Tout se recoupe. L'enquête est close.
Le Marion-Dufresne n'est donc pas un ovni amarré au port de Longoni.

Cette escale a également été l'occasion pour Michel L'Hour, Directeur du Drassm - Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines - et scientifique participant à l'expédition, de présenter, vendredi, à l'hémicycle du C.G, son métier d'archéologue sous-marin et plus globalement l'histoire et les missions du Drassm, créé en 1966 par André Malraux et fer de lance mondial dans ce domaine.
Une conférence très symphatique et instructive. Car, ce n'est pas toujours qu'un scientifique de haut niveau parvient à présenter son domaine de compétence de façon simple et didactique (et avec humour, ce qui ne gâte rien).

Voilà donc la conclusion d'un week-end scientifique.

N.B : si vous trouvez un trésor ou un vestige archéologique dans le lagon de Mayotte. Surtout laissez-le. il ne survivrai pas à son expositionà l'air ;)

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 12:35

Ça y est. La consultation des mahorais pour l'évolution du statut de l'île en département est close.
Le résultat est sans surprise. La participation peut-être un peu.

Quoi qu'il en soit, tout cela s'est terminé pas une fête à Mamoudzou, sur l'esplanade du bâtiment du Comité du Tourisme.

Voici quelques instantanés de cette soirée, telle que nous l'avons vécu, avec ses moments graves et officiels et ses moments festifs avec musique, chant et danse.
 

Dépouillement du vote à la mairie de Mamoudzou
Dépouillement du vote à la mairie de Mamoudzou
 

Dépouillement et comptage des voix au bureau centralisateur
Dépouillement et comptage des voix au bureau centralisateur
 

Les préparatifs du concert et de la fête
Les préparatifs du concert et de la fête
 

Le concert de la victoire
Le concert de la victoire
 

Les danses de joie des Bwénis
Les danses de joie des Bwénis
 

Toujours le concert
Toujours le concert
 

Et encore des danses
Et encore des danses
 

Le tout retransmis sur écran (presque) géant
Le tout retransmis sur écran (presque) géant

 
Un bémol à tout cela : les réactions exprimées des métropolitains dans les différents forums des journaux sont, comme c'était malheureusement à craindre, très peu accueillantes.

N.B : je n'ai pas de photo du feu d'artifice. Personne ne sachant à quelle heure il devait être tiré (23h finalement), j'ai déclaré forfait avant :(

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 11:50

Nous sommes sur l'Hippocampe depuis maintenant 2 mois (un peu plus même) et, hormis l'évident environnement tropical et le climat qui va avec, certains détails de la vie quotidienne ne trompent pas : nous ne sommes plus en métropole.

En effet, nous ne sommes plus en métropole car :

. Les shorts, bermudas et autres « manches courtes » occupent de façon permanente le haut de la pile de linge et ne sont plus écrasés sous les pantalons (les quoi ?) ;

. La tong est devenue « chaussure de ville » ;

. Les maillots de bains sont toujours à portée de main. De toute façon, ils n'ont qu'à peine le temps d'être rangés avec le rythme soutenu baignade - rinçage - séchage - re-baignade - re-rinçage - re...

. À côté des maillots de bains, la crême solaire et les lunettes de soleil restent « toujours prêtes » ;

. Le journal de 20h se regarde... à 22h ;

. On ne téléphone plus (c'est ringard). Maintenant on « webcame » à la famille (vive la technologie) ;

. Les fruits du quotidien ne sont plus pommes et poires mais pommes cannelles et mangues. Seule la banane résiste ;

. L'horaire des marées est devenu livre de chevet. Pour savoir quand c'est le bon moment pour aller sur la plage de N'Gouja :)

Ça n'a l'air de rien mais ça change pas mal... et c'est qu'on y prendrait presque goût :)

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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 19:58

Panorama depuis le village de Chiconi
Panorama depuis le village de Chiconi
 

Samedi dernier, nous avons été invités à un mariage mahorais. Une aventure très sympa et intéressante autant que surprenante.

Plantons le décor

Il s'agissait du mariage du frère (que nous ne connaissions pas) de la secrétaire de ma femme (qu'elle connait depuis 15 j seulement).
Cela se déroulait, à Chiconi, à l'ouest de l'île, avec 80 / 90 invité(e)s mahorais(es) que nous ne connaissions pas (à 3 exceptions près) et qui, en plus de parler shimaoré, parlaient également malgache.
Ce qui, de notre point de vue, ne ne changeait pas grand chose. Dans les deux cas, on ne comprenait rien !

Le déroulement des évènements

D'après ce que j'en ai compris, ce n'était pas le mariage « officiel », qui se déroulera plus tard, mais une fête en vue du mariage. Un peu comme des fiançailles.
Il n'y avait donc pas de cérémonie ou de chose dans ce genre, juste un repas.

1ère surprise : les hommes et les femmes mangent séparément.

Me voilà donc assis entre le marié, que je ne connaissais pas 1/4 d'heure plus tôt, et le maire du village, parent du marié ; Seul blanc, avec mon fils de 6 ans, d'une petite tablée de 12 personnes (les hommes de la famille du marié en principe).
Repas presque intime donc, en shimaoré essentiellement et, pour moi, un peu en français. Ouf !

2e surprise : Assis à table, il n'y avait que des hommes. Mais, autour de la table, il y avait quelques jeunes femmes pour nous servir le repas, débarrasser la table, nous éventer, nous éponger la figure quand on transpirait trop, chanter... bref, nous servir. Agréable... mais presque génant :) À part pour lever la fourchette, je n'ai pas lever le petit doigt.

Toujours d'après ce que j'ai compris, il s'agissait de sœurs (ou de famille proche) du marié qui, selon la tradition, font ça en échange d'une rémunération symbolique en fin de repas. Pas de chance. Quand nous avons été séparés avec ma femme, c'est elle qui a gardé la monnaie.
 

Mariage mahorais ~ le repas des femmes
Mariage mahorais ~ le repas des femmes
 

Côté femmes, autre son de cloche.

Elles étaient déjà plus nombreuses : 70 peut-être, et mangeaient à même le sol dans ce qui - d'habitude - doit être la hall du marché sur la place du village (ou quelque chose de ce genre).

70 mahoraises donc, en habit traditionnel coloré, à manger mais également à chanter, danser et rythmer, avec 2 petits morceaux de bois, le M'Biwi, la danse traditionnelle.

Je ne peux pas en dire plus, je n'étais pas là.

Après le repas, nous sommes allés saluer la mariée restée, jusque là, à l'écart, dans une maison du village. Même pendant le repas des femmes. Les frêres et sœurs du marié devaient, quant à eux, payer - symboliquement - pour approcher de la mariée. Et nous sommes  rentrés chez nous, chacun avec un panier-repas offert par la famille de la mariée, repus et contents.
 

Mariage mahorais ~ Vaisselle de fin de repas
Mariage mahorais ~ Vaisselle de fin de repas
 

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 16:39

Vue du lagon de Mayotte depuis le village de ChiconiTrès chaude encore. Très, très, chaude. Très, très, très chaude :p

Après un dimanche à la plage, début des démarches pour s'installer : récupérer les clés à l'agence immobilière, se faire connaître auprès d'EDM (Électricité De Mayotte), de Sogea (pour l'eau), faire installer Internet, l'assurance, etc.

Bon, globalement, la journée fut pénible (chaleur + « interminables » déplacements en voiture) mais les choses se sont plutôt bien passées (aux dires des « anciens »). Pas de gros soucis, de blocage ou de problème particulier.

On bénéficie cependant du fait d'arriver en dehors des contingents de profs.

La morale de la journée : ne surtout pas croire qu'il n'y a de bouchons que sur les rocades des grandes villes de métropole. De ce point de vue, Mamoudzou n'a pas forcément grand chose à envier aux autres.

Bon, je ne vais pas vous faire un compte-rendu de toutes nos journées. Maintenant, nous sommes installés. La vie a repris son cours : école et boulot.

Place aux plongées :)

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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 19:33

Une vue de la plage de Trévani, au nord de MayotteAprès les émotions de notre arrivée, 1 journée à la plage. Celle de Trévani en l'occurrence.
Pas la plus exotique, pas la plus séduisante... mais la plus près. Et pour le moment, ça fera très bien l'affaire.

1 journée à la plage donc et de beaux coups de soleil en prime. Emportés par notre enthousiasme, blancs comme des cachets d'aspirine, sortant de la rudesse de l'hiver métropolitain, on ne s'est - forcément - pas assez méfié du soleil des tropiques. Aïe !

Cela n'a toutefois pas gâché ces premières baignades dans l'Océan Indien ; Avec, en prime, les premiers poissons tropicaux aperçus (pas d'appareil, dommage).

Autres sensations (qui n'ont rien à voir avec la baignade) : le vrai goût des mangues bien juteuses achetées sur le marché, les zébus attachés (plus ou moins) sur le bord des routes, les chèvres en totale liberté (des fois au milieu de la route), les chauves-souris presque plus nombreuses dans le ciel que les oiseaux.
 

Plage de Trévani, Mayotte nord
 

N.b : pendant ces deux jours, nous avons logé à la chambre d'hôtes « L'horizon ». Une adresse et un accueil très sympatique au centre de Mamoudzou.

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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 09:02

Ça y est, on a changé de continent, on a changé de vie, c'est maintenant une réalité.

Je recommence à avoir du temps pour ce blog. Aujourd'hui donc, le récit de notre première journée à Mayotte, l'île au lagon (ou encore l'Hippocampe).
 

Les cimes enneigées du Kilimandjaro
 

Le bilan de ce long voyage :

» Pour y arriver : 500 km de train, ~ 25 km de taxi, 8 000 km d'avion, quelques heures d'attente dans différents hall, 108 kg de bagages (+ quelques broutilles dont le cochon d'inde), 1/4 d'h d'amphidrome (spécialité mahoraise) et quelques km en voiture sous un caniard d'enfer.
» Sur place : tout d'abord un gros coup de chaleur au sortir de l'avion (la fatigue du voyage aidant), 2 premières heures très très difficiles (~ 30° d'écart de température), 25 l (au moins) de sueur évaporée par personne (cochon d'inde compris), presque autant de boissons réfrigérées ingurgitées, 4 douches (toujours par personne, cochon d'inde exclu)... mais en récompense, les premières sensations mahoraises telles que vues et / ou lues avanrt de venir.

. les colliers à fleurs au sortir de l'aéroport (toujours sympa pour commencer à s'y croire vraiment :) ;

. le marché en tôle à l'arrivée des barges sur Grande Terre ;

. la douceur de l'Océan Indien ;

. beaucoup, beaucoup, beaucoup de verdure : cocotiers, bananiers, palmiers et je ne sais quoi d'autre   encore ;

. du bruit, du monde, de la vie... un tourbillon, l'Afrique !


N.B : En photo, un bonus du voyage. Le survol des cimes enneigées du Kilimandjaro dans un ciel de feu, au réveil, après une nuit dans l'avion.

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  • : Plongée et biologie sous-marine, entre Mayotte et la Bretagne
  • Plongée et biologie sous-marine, entre Mayotte et la Bretagne
  • : Plongée et biologie sous-marine, entre Mayotte (101e département français et petite île tropicale de l'archipel des Comores, dans l'Océan Indien) et la Bretagne
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