13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 21:03

En cette veille de 14 février, petit clin d'œil aux Valentins et Valentines qui, sur terre et sous l'eau, célèbreront, demain, la fête des amoureux. Sur terre, c'est sûr, sous l'eau, peut-être moins :)

Est-ce que les poissons fêtent la Saint-Valentin ? Je ne sais pas, toutefois l'amour, du moins la fidélité (et ce n'est pas ce soir que je vais disserter pour savoir si c'est la même chose) est parfois de mise dans le monde marin. La preuve avec ce bel et sympathique exemple de vie à deux :

Couple de Triptérygions
Couple de Triptérygions

De quoi, ou plutôt, de qui s'agit-il ? D'un couple de Triptérygions, des poissons longs d'une petite dizaine de centimètres, ici avec les nageaoires pectorales en éventail, en train de savourer la douceur de vivre sous l'île de Groix. Je ne sais pas si ces animaux sont réputés fidèles. Toutefois, il me semble que, chaque fois que j'ai pu en observer, le couple était réuni, le mâle avec la femelle.

Au passage , on remarquera que les Triptérygions (outre leur nom autant imprononçable que hasardeux à écrire et qui signifie : « avec trois nageoires dorsales » ) présentent un bel exemple de dimorphisme sexuel (expression savante pour dire que le mâle et la femelle sont différents). Ainsi, M. Triptérygion est-il pourvu d'un corps jaune-orangé se terminant par une tête noire alors que Mme fait dans la sobriété : brun avec des bandes tranversales plus claires (ce qui est également la parure des jeunes mâles).

Deux Triptérygions
Deux Triptérygions

On pourra également remarquer, sur cette deuxième image, la position quelque peu acrobatique de nos deux poissons, délicatement posés sur une paroi verticale, à l'encontre de toutes les lois de la pesanteur. Mais on a vu pire : des Tryptérygions ou certaines de leurs cousines, les blennies, en pleine méditation, tête en bas !?!

Un dernièr détail : comme cela arrive également chez d'autres espèces, les mâles se chargent de la surveillance des œufs fécondés et les nettoient jusqu'à éclosion des larves. Le parfait Valentin ;)

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 18:46

Quelques nouvelles de Mayotte, successivement l'île aux parfums, l'île au lagon et maintenant l'île aux trésors selon la nouvelle stratégie de communication de l'office de tourisme. Car, même si je n'y vis plus, je continue à suivre ce qui s'y passe.

La fin de l'année a été difficile, je ne vais pas revenir là-dessus. Malgré tout, la vie suit son cours et certaines choses ne changent (heureusement) pas. Les tortues représentent toujours une part importante des trésors de l'île, elles continuent à occuper les esprits de nombreux scientifiques, biologistes et naturalistes. C'est ainsi qu'une conférence leur était consacrée, il y a quelques jours, au Conseil Général, afin de répondre à cette question...

Tortues marines de Mayotte, résidentes ou de passage ?

Tortue marineUne question intéressante que je n'ai peut-être pas suffisamment - voire jamais - évoquée. Est-ce que la tortue que je pouvais observer à Moya, Saziley, N'Gouja ou n'importe où ailleurs était celle qui, la nuit venue, venait pondre sur la plage ?

Réponse : non ! Les tortues qui se nourrissent à Mayotte n'y pondent pas, et celles qui pondent ne s'y nourrissent pas. Ce comportement n'est pas spécifique aux animaux de l'île. Les tortues marines pondent à un endroit du globe (la plage où elle naissent) et se nourissent à un autre (là où les emmène leur migration). Et comme l'a rappelé une conférencière : « on a affaire à Mayotte à deux populations qui se croisent dans les eaux du lagon [...] les tortues pour lesquelles Mayotte est le site d'alimentation sont résidentes, les pondeuses ne se servant de l'île que pour accomplir leur reproduction avant de retourner sur leurs propres sites d'alimentation ».

Cela répond, indirectement, à une autre question : est-ce que si, en nageant, je vois plein de tortues sur les herbiers en journée, j'ai plus de chance d'en voir une pondre le soir ? Réponse : toujours non. Ça n'a rien à voir puisque ce sont des populations différentes.

Le compte-rendu de la conférence est disponible sur le site du journal local Mayotte Hebdo, sous le titre Richesses du lagon. Il détaille tout ça : les fréquences de ponte, la durée des périodes d'alimentation, les cycles de vie d'une tortue verte, etc. Je vous laisse le découvrir et souhaite juste mettre en perspective deux points :

1°/ Un premier, positif et encouragant puisqu'aujourd'hui encore : « L'île est un site de ponte parmi les plus importants au monde, mais également un très gros site d'alimentation [...] Environ 500 femelles par an sont observées à Saziley et Moya pour environ 1 000 pontes. »

2°/ Un second point qui, à Mayotte comme ailleurs, devrait inciter à la vigilance. L'une des conférencière « a également souhaité dresser un état des lieux des menaces qui pèsent sur les tortues marines, le braconnage en tête [...] 67 actes de braconnage ont été recensés en 2007-2008, 122 en 2008-2009, 82 en 2009-2010 et 64 en 2010-2011 [...] La pêche accidentelle [...] les blessures par chien [...] les déchets (sacs plastique) ou les hélices de moteur. »

Bonne lecture de cet état des lieux plutôt positif me semble-t-il. Pour le moment du moins. Pourvu que ça dure...

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 19:53

Souvenir, souvenir...

L'avantage (et l'inconvénient) de reprendre les articles de mon précédent blog pour les intégrer dans celui-ci, c'est que ça m'oblige à un voyage dans le temps. Certains beaux souvenirs sont ainsi exhumés, ils remontent à la surface de la mémoire pour un petit moment de nostalgie.

Celui d'aujourd'hui concerne une rencontre tout autant formidable qu'imprévue, une rencontre qui reste encore parmi mes plus belles sorties : ma première plongée avec un dauphin ! Car...

En Bretagne aussi on peut plonger au milieu des dauphins

Bon, ok, j'exagère un peu. En Bretagne, on peut aussi plonger au milieu DU dauphin :)

Depuis que j'ai commencé ce blog, j'ai beaucoup parlé de ces mammifères marins. Ils étaient nombreux à Mayotte, autant hors du lagon que dans l'enceinte de la barrière de corail (suivant les espèces). Les occasions de les observer étaient fréquentes. Pour mémoire, quelques-uns de mes précédents articles :

Fait divers dans le lagon

Dauphins et ambiances sous-marines

Baleines... et dauphins

Danse avec les dauphins

Danse avec les dauphins (2)

C'est toutefois oublier un peu vite que la première fois que j'ai vu un dauphin - du genre (très) grand et (très, très) joueur - c'était dans les eaux froides et chargées de Bretagne.

Alors que nous commencions une plongée bio, sur une épave à faible profondeur, quelle ne fut pas notre surprise quand est arrivé ce dauphin-empereur qui ne demandait qu'une chose : jouer !

Dauphin-empereur
Un dauphin-empereur

Le temps de réaliser que la grosse bêbête de 2,50 m qui était soudainement collée à nous était bien inoffensive, les 5 premières secondes de cette heureuse rencontre furent quand même un grand moment de solitude :-$ Mais la suite fut vraiment sensationnelle. Oubliée l'épave, oubliées - pour une fois - les observations bio... l'heure suivante se passa (trop rapidement) à jouer, nager et plonger avec l'animal autant en surface que sous l'eau.

Dauphin et plongeurs
Tête à tête

C'est vrai qu'on se sent petit à côté d'une si grande bête. C'est vrai, aussi, qu'il fallait toujours faire un minimum attention car, même s'il ne voulait que jouer, le dauphin restait plus puissant que n'importe lequel des plongeurs présents... Mais quel pied ! Même si un tel comportement n'est cependant pas naturelle chez un dauhpin normal, sauvage.

Que faisait ici un animal aussi sociable ? Les suppositions sont allées bon train : dauphin dressé, échappé d'un quelconque centre militaire, animal malade, autiste, en rupture de communication avec ceux de son espèce... On ne l'a pas su et on ne le saura probablement jamais. C'est peut-être mieux ainsi. Quelques années plus tard, il reste le souvenir d'un moment très intense, d'autant plus apprécié que l'on sait qu'il ne se représentera pas avant longtemps... s'il se représente.

Dauphin et plongeurs
Dauphin et plongeurs
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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 23:19

Après la grande planaire rayée, une autre petite histoire de ver des mers, sortie de mes archives photographiques. Parce qu'il y a certainement moins de poissons et de mammifères marins que de vers et de limaces en tout genre qui peuplent les profondeurs du globe. Le sujet est donc inépuisable (ou presque). Parce qu'un ver de mer ça ressemble à tout et à rien, à beaucoup de choses... sauf à un ver de terre. Ça fait donc autant de photos à faire et à montrer. Et, enfin, parce que l'occasion fait le larron. Aujourd'hui, l'occasion se présente sous la forme d'une vieille photo ratée :

Colonie de vers bispires
Colonie de vers bispires au panache rétracté

Entendons-nous bien. Quand je dis que la photo est ratée, c'est surtout par rapport à mon intention initiale. Pour le reste chacun jugera :) Au départ donc, je souhaitais photographier les panaches déployés d'une colonie de bispires. Pas d'bol, au moment de déclencher, tous les vers se sont rétractés.

Néanmoins, mise à part cette première contrariété, l'image possède un avantage certain : celui de bien mettre en avant la principale caractéristique qui différencie les vers bispires des vers spirographes. On voit, en effet, très bien l'extrémité « en 8 » du tube calcaire des bispires. En comparaison, le tube des spirographes a une simple forme de cheminée, et donc une ouverture ronde.

Pourquoi une ouverture en 8 ? Parce que les bispires - comme leur nom l'indique - sont deux par tube. Chacun déploie son panache par l'un ou l'autre des trous. Quand les deux panaches sont complètement ouverts, leurs bras entremêlés, il devient presque impossible de savoir si l'on observe un bispire ou un spirographe. Malheureusement, faire se rétracter les vers est presque le seul moyen de savoir à qui l'on a à faire.

Spirographe
Spirographe au panache ouvert

Il ne s'agit donc pas tout à fait du même animal sur ces deux photos. Mais il s'agit de deux cousins très proches, de la famille des vers annélidés (à laquelle appartient également notre très commun - et un peu moins beau quand même - ver de terre). Les vers annélidés ont le corps composé de plusieurs segments en forme d'anneau (à l'image classique... du vers de terre). Mais, contrairement à leur homologue terrestre, les bispires et les spirographes sont sédentaires. Ils vivent dans des tubes calcaires qu'ils fabriquent eux-même. Pour respirer, se nourrir de petit plancton et collecter le sédiment servant à l'élaboration du tube, ces animaux déploient un panache de branchies, de fines soies d'aspect plumeux disposées en couronne.

Une dernières chose : ces vers sont très sensibles :) Pour les approcher (et les photographier), pas un bruit, pas une bulle plus bruyante que les autres, sinon ils se planquent dans leur tube en moins de temps qu'il ne faut pour le dire ;p

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 17:19

Amis pour la vie ? C'est l'impression que peut donner la photo ci-dessous.
En général, c'est plutôt la dure loi de la jungle qui prévaut également sous l'eau, à savoir manger ou être mangé ! Mais peut-être pas toujours. Peut-être que, de temps en temps, ce sont d'autres types de relations qui se font jour ;)

Étoile de mer et corail dent de chien
Étoile de mer et corail dent de chien

Peut-être que, certaines fois, proies et prédateurs souhaitent juste profiter de la douceur de vivre (ici, à proximité de Houat, une des îles du Ponant en Bretagne Sud). Peut-être qu'ici, bras dessus, bras dessous, l'étoile de mer et le corail dent de chien (ou caryophylle) font une pause amicale pour observer le grand bipède qui les prend en photo. Peut-être. À moins que ce ne soit qu'une tentative d'approche - fourbe et mesquine - avant un bon buffet de l'un au détriment de l'autre. Et pas nécessairement de celui que l'on croit. Sur la photo, c'est l'étoile de mer qui est la plus mal en point. Il lui manque déjà un bras.

Tout cela reste, finalement, une question d'interprétation, chacun aura la sienne. Comme je l'ai dit dans un précédent article, « Le festin de l'étoile de mer », j'essaye que mes photos captent des instants éphémères et, si possibles, inédits. En l'absence de réelle explication, chacun peut ainsi mettre ce qu'il veut dans l'image. Une autre photo, prise il y a maintenant plus de deux ans à Mayotte, et publiée dans l'article Les mystères de la vie sous-marine, prétait également à interprétation. Pourquoi l'étoile de mer (encore une) escaladait-elle la paroi du récif corallien ? Aujourd'hui, comme il y a plusieurs mois, je n'aurai prabablement jamais la réponse... et tant mieux ;)

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 21:25

Mon précédent article, par l'évocation de la grande planaire rayée, faisait allusion - comme régulièrement sur ce blog - aux vers et limaces présents dans toutes les mers et tous les océans du globe. Concernant les limaces, je vante souvent leurs robes éclatantes et colorées. Ce soir, un article sur le même sujet : les nudibranches, mais comme un contre-pied à mes précédents propos. Un article sur le Tritonia des gorgones, un mollusque - opistobranche pour être exact - fréquent en Bretagne mais tout à fait impossible à trouver si on ne sait pas ni quoi ni où chercher. L'aspect de l'animal le rend en effet quasiment « invisible ».

Un article qui commence par une devinette : sur la (vieille) photo ci-dessous, où se cache le Tritonia ?

La gorgone, le Tritonia et sa ponte
La gorgone, le Tritonia et sa ponte

Où se cache le Tritonia ? Quelques indices

. Les nudibranches ont un pouvoir mimétique d'homochromie alimentaire : ils ressemblent à ce qu'ils mangent. Il faut donc chercher quelque chose... qui ressemble à la gorgone ;)

. Le Tritonia est « le » prédateur de la gorgone (l'arbuste jaune-orangé qui occupe la plus grande partie de l'image), il se nourrit de ses polypes. Il faut donc chercher quelque chose qui, plus précisément, ressemble aux polypes de la gorgone ;

. Le mollusque en question est relativement petit. Il faut, en fin de compte, chercher quelque chose de petit qui ressemble, comme deux gouttes d'eau, à autre chose de beaucoup plus grand.

Pas évident !

Une dernière précision. Dans la photo se trouve un Tritonia ainsi qu'une ponte de Tritonia.

 

Où se cache le petit nudibranche ? La réponse

La réponse en image :

Un tritonia de gorgone et sa ponte
Un Tritonia de gorgone et sa ponte

C'est bien ça un Tritonia ! Ce petit machin insignifiant qui mange les polypes des grandes gorgones, une petite limace de 3 cm, impossible à voir en plongée.
Impossible... sauf à repérer (et c'est beaucoup plus facile) sa ponte : des filaments blancs, spiralés autours d’une ramification. Une fois celle-ci repérée, il suffit de chercher quelques centimètres autour (l'animal n'est pas une bête de course) pour trouver le nudibranche.

Mais comme la première photo n'est pas très bonne, en voici une autre - un peu moins vieille et un peu plus maîtrisée - sur laquelle on distingue beaucoup mieux la limace ainsi que les polypes de la gorgone (verruqueuse en l'occurence)

Une gorgone et un Tritonia
Une gorgone et un Tritonia
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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 22:02

Parmi la faune qui peuple les mers et les océans se trouvent de nombreux vers et de tout aussi nombreuses limaces. Ce n'est pas la première fois que j'en parle ici, le sujet est même presque récurrent.
Leur relative petite taille fait que l'on peut facilement passer à côté en plongée, sans les apercevoir. C'est peut-être aussi cela qui fait que chaque rencontre reste un moment peut-être pas exceptionnel mais en tout cas « savoureux », souvent riche en couleurs. À l'exemple de ce nudibranche violet et jaune photographié à Mayotte, ou de cet autre mollusque aux contrastes éclatants aperçu dans les eaux de l'île Maurice. Tel, également, ce ver planaire acrobate (toujours à Mayotte), ce ver porcelaine ou cet autre ver « de feu ».

Cependant, la première planaire que j'ai pu oberver en plongée reste cette planaire blanche (ou grande planaire rayée). C'était il y a maintenant quelques années, dans le sud de la Bretagne.

Grande planaire blanche rayée
Planaire blanche

Ce type de d'un ver plat est donc... extrèmement plat ! Son épaisseur est de l'ordre du millimètre. Que peut-on en dire ? Il appartient à la famille des plathelminthes. Il ne possède ni branchie, ni coquille. Sa bouche fait aussi fonction d'anus. Il ne possède ni système circulatoire, ni organe respiratoire. Il n'a pas d'yeux, juste des ocelles photorécepteurs. Bref, un animal d'une simplicité déconcertante autant qu'intrigante puisqu'avec rien il arrive à assurer toutes ses fonctions vitales : se déplacer, se nourrir, se reproduire, respirer, etc.

Seuls organes notables, puisque visibles (à droite sur les deux images), les deux cornes sensorielles situées à l'avant du ver et qui, accessoirement, permettent justement de distinguer l'avant de l'arrière de l'animal.

Ver planaire
Grande planaire rayée

Une dernière précision. Ces photos ont été, à l'époque, prises sans flash, en lumière naturelle. Pas à grande profondeur certes, mais quand même. Ce qui prouve qu'en Bretagne aussi l'eau peut être claire. Qu'elle n'est pas forcément verte et chargée. Pas toujours en tout cas ;)

Un site pour ceux qui veulent en savoir un petit peu plus et voir d'autres photos : Sous les mers.

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 16:33

Pourquoi plonge-t-on ?

À chacun sa réponse, à chacun ses motivations. Pour ma part, le premier intérêt que je vois à la plongée, c'est que - justement - il s'agit de bien autre chose qu'une « simple » activité sportive. C'est avant-tout une découverte de tous les instants. Chaque minute passée sous l'eau n'a pour objectif que l'observation, la contemplation d'un univers autre et méconnu.

Dans cette démarche, mes photos visent (en toute modestie et à mon petit niveau) à « capturer » des instants éphémères ou des situations inédites pour qui n'habite pas les mers et les océans. Il en va ainsi de la photo suivante qui ne manque pas d'interroger : que fait cette étoile de mer ? Pourquoi se tient-elle ainsi, à bout de bras, alors que ses congénères se déplacent généralement à plat ?

Étoile de mer
Le festin d'une étoile de mer

On pourrait tout à fait croire qu'il s'agit d'une quelconque position du Kama Sutra des échinodermes. L'étoile aurait été surprise en plein élan de reproduction. Mais non ! C'est bien plus... pragamatique que ça, bien plus banal et terre à terre (si l'on peut dire ça d'un animal marin :) Elle mange !

Le festin de l'étoile de mer

Elle mange, mais elle mange façon étoile de mer. Avec des pratiques que d'aucun pourraient croire érotico-sado-maso. En effet, pour savourer son festin de moules (on en voit quelques « cadavres »), l'étoile de mer pratique en 4 temps :

1 ... Elle ouvre les coquilles des mollusques à l'aide de ses bras musclés ;

2 ... Elle pratique une savante dévagination de son estomac pour introduire celui-ci dans la fente créée par l'ouverture des coquilles ;

Précision : Une dévagination désigne « le mouvement de retournement d'un organe creux, qui, en faisant passer la paroi interne à l'extérieur, fait de lui un organe saillant » (source Larousse.fr).

3 ... Elle asperge sa proie d'éléments digestifs destinés à en faire une espèce de soupe plus facile à avaler ;
4 ... Elle avale le tout et remet son estomac en place !

En résumé : l'étoile de mer ne peut pas directement avaler des proies (comme les moules) relativement grosses par rapport à la taille de sa bouche. Elle fait donc l'inverse : elle amène son estomac vers sa proie ! Et pour faire toutes ces acrobaties, l'animal doit se mettre au-dessus de ce qu'il va manger.  D'où la position dans laquelle se trouve l'étoile photographiée. Littéralement, elle enjambe (avec ses bras :) son repas.

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 19:50

Certaines espèces marines se rencontrent un peu moins fréquemment que d'autres. Du fait de leur petite taille ou de leur mode de vie par exemple. Il en est ainsi, en ce qui me concerne du moins, de l'araignée des anémones. Je n'ai pu l'observer que peu de fois. Néanmoins, à trois ans d'intervalle, deux plongées dans les eaux bretonnes m'ont permis de réaliser les deux clichés suivants. Deux photos de deux araignées en déplacement sur la roche ou le fond marin.

Araignée des anémones
Une araignée des anémones... en 2011

Deux photos qui sont aussi l'occasion de dire quelques mots sur l'animal et, notamment, de rétablir une « vérité scientifique » : l'araignée des anémones (Inachus phalangium) n'est pas, contrairement à ce que laisse entendre son nom, une araignée mais bien un crabe. Un petit crabe décapode qui a hérité du nom d'araignée à cause de la forme de ses 10 pattes (5x2 paires), particulièrement longues et fines.

Araignée des anémones
Une araignée des anémones... en 2008

De façon tout aussi évidente, si le crustacé se nomme « araignée des anémones », c'est parce qu'il vit en général à l'abri - ou en tout cas à proximité - des tentacules d'une anémone de mer, et plus particulièrement de l'anémone verte. À l'image du poisson-clown dans les eaux tropicales qui ne s'éloigne jamais de sa protectrice.
Les deux principales caractéristiques de l'animal : de longues et frêles pattes et une carapace jaune-orange recouverte de bouts d'algues ou d'éponges qui le rendent pratiquement invisible dans son milieu. Ses longues pattes lui servent à s'accrocher aux tentacules de l'anémone.

Voilà donc, en quelques mots, ce que l'on peut dire sur l'araignée des anémones. En attendant la prochaine rencontre sous-marine...

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 18:59

Aujourd'hui, reprise d'un vieil article, actualisé et illustré par de nouvelles photos. Un article consacré aux ascidies, des organismes vivants qui, l'air de rien et contre tout attente, sont des... animaux !
Pour aborder les ascidies, je m'intéresse plus particulièrement aux clavelines, les « clochettes des mers ».

Les ascidies, des animaux primitifs évolués

La famille des ascidies regroupe différentes espèces (dont l'ascidie coloniale dont j'ai déjà parlé). Des espèces qui, pour faire court, ressemblent à des tubes, ou plutôt des syphons, avec deux orifices. Un orifice inhalant par lequel entre l'eau de mer et un orifice exhalant par lequel... elle ressort ;)

Clavelines bleues
Clavelines bleues

À l'intérieur du tube, l'eau est filtrée, la nourriture amenée à l'estomac et les déchets évacués par un anus. Tout ça dans ce qui à l'air de presque rien.

Pour terminer cette courte introduction aux ascidies, voici ce qu'en a écrit Steven Weinberg dans son livre « Découvrir l'Atlantique, la Manche et la mer du Nord » (Éd. Nathan) :

« Si primitif que puisse paraître cet animal, les zoologistes le considèrent comme le plus évolué des intertébrés [... car] au stade larvaire, quand l'animal nage encore à l'aide de sa queue, il possède une chorde dorsale, précurseur de la colonne vertébrale. [...] Si l'on considère la larve avec sa bouche, son anus, sa chorde dorsale et sa queue musclée [...] on n'est plus très loins d'un poisson primitif [...], de l'ancêtre des vertébrés »

Comme quoi, il ne faut vraiment pas se fier aux apparences.

Clavelines blanches
Clavelines blanches

Les clavelines, les clochettes de la mer

J'ai toujours eu du mal, jusqu'à présent, à bien photographier des clavelines. Que ce soit en Bretagne, pour la photo ci-dessus, ou à Mayotte, pour ce qui est des clavelines bleues. J'espère néanmoins que l'on voit suffisamment, sur ces trois images, que les clavelines sont des ascidies transparentes avec une bordure marquée, blanche ou bleue pour les espèces photographiées, qui distingue bien l'orifice inhalant (plus grand) et l'orifice exhalant (plus petit, sur le côté).

La première fois que l'on croise un bouquet de clavelines lors d'une plongée, on a vraiment l'impression de se trouver en face de clochettes, des clochettes de cristal. Celles-ci mesurent de 1 à 3 cm. On les croisent assez régulièrement en Manche et en Atlantique, à toutes les profondeurs. Elles sont accrochées aux rochers, aux algues, etc. par grappe. Il est donc assez facile d'en voir, quel que soit son niveau de plongée. Une raison - un bohneur - de plus pour plonger, notamment en Bretagne !

Bouquet de clavelines bleues
Bouquet de clavelines bleues

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