Plongée et biologie sous-marine, entre Mayotte et la Bretagne Plongée et biologie sous-marine, entre Mayotte (101e département français et petite île tropicale de l'archipel des Comores, dans l'Océan Indien) et la Bretagne

Un billet de mauvaise humeur

Metropolis

N’étant pas sur l’île depuis longtemps, je n’ai pas souhaité débattre de la départementalisation sur ce blog.

Tout d’abord, parce qu’il s’agit avant tout d’un blog passion, consacré à la plongée et à la vie sous-marine (de Mayotte, puisque j’y vis pour l’instant). Ensuite, parce que je voulais d’abord me forger une opinion réellement fondée, en essayant de comprendre le pourquoi du comment, d’analyser les tenants et les aboutissants, ainsi que le contexte régional et historique, en me confrontant à la réalité de l’île, ou du moins à ce que je pouvais en percevoir en peu de temps.

Une volonté de s’informer

J’ai donc essayé de m’informer autant que possible :

  • Lire, écouter les débats ;
  • Comprendre les arguments en faveur du Oui ;
  • Entendre ceux du "non" (moins audibles, malheureusement, mais tout aussi intéressants et pertinents).

Et hier soir, à deux jours du vote, je suis tombé sur un reportage du JT de France 2 sur le sujet. Heureusement que j’étais assis, car ce reportage de deux minutes était un scandale, une honte : les faits étaient condensés, raccourcis, présentés sans aucune explication de fond.

Le sujet était traité de manière si superficielle qu’il en devenait un ramassis de clichés insultants et dévalorisants pour les Mahorais, à la limite du racisme.

Une vision biaisée et simpliste

Au final, ce que l’on retient du reportage, c’est uniquement deux choses :

  1. Mayotte est un boulevard d’entrée pour de nombreux immigrés clandestins (hantise bien connue du Français métropolitain) ;
  2. Les Mahorais sont des musulmans polygames et "désorganisés" (à en croire leur état civil), qui attendent avec impatience les prestations sociales qu’apportera la départementalisation.
Ce que le reportage n’a pas expliqué
  • Il n’expliquait pas pourquoi l’état-civil est encore mal structuré ;
  • Il n’évoquait pas le fait que la départementalisation prendra des années, même si le Oui l’emporte ;
  • Il n’indiquait pas qu’il existe une feuille de route progressive, sur une vingtaine d’années (ceci dit, je ne suis pas convaincu que les habitants de l’île l’aient bien assimilé non plus) ;
  • Il ne contextualisait pas la situation de l’île ni son histoire dans la région ;
  • Il n’expliquait rien et se contentait d’aligner des lieux communs.
Un impact négatif sur l’opinion publique

Après ce reportage, j’ai essayé de me mettre à la place d’un métro, confronté en permanence à la crise (chômage ou peur du chômage, difficultés financières, tout ce qu’on lui rabâche à longueur de journée), et à qui l’on montre ces images. Et là, je me suis dit que ce reportage n’allait sûrement pas aider à l’acceptation des Mahorais dans la République. Bien au contraire.

Et si tout le battage médiatique actuel sur Mayotte est du même niveau, je crains que les lendemains ne chantent pas pour l’île au lagon.

Affligeant et désolant.

Une précision sur l’inspection du travail

Dans le reportage, l’inspection du travail est présentée comme une institution de « chasseurs de clandestins ». C’est totalement faux. Ce n’est ni la réalité sur le terrain, ni la volonté des agents qui y travaillent (ils auraient probablement signé à la PAF si tel était le cas).

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Commentaires
T
Bonjour à toi<br /> <br /> Simple petite réaction a ton article, la seul est unique certitude malheureusement habituelle. Les médias ne fond ressortir que le ou les messages qu'ils déforment pour l'audimat au détriment d'un vrais journalisme et d'une information réelle. <br /> <br /> Bien à toi.<br /> <br /> @micalement.<br /> <br /> <br /> Thyss
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M
<br /> C'est sûr. Mais y'a pire (je trouve).<br /> Mayotte Hebdo, un des canards du coin, en avait profité pour, justement, interviewer certains journalistes de métropole envoyés pour couvrir le scrutin.<br /> Dans cette interview, une journaliste (d'une télé je crois, mais je ne me souviens plus laquelle) affirmait - sans gène - qu'avant qu'on lui dise de venir elle ne connaissait rien de Mayotte, ni où<br /> c'était, et limite que ça existait.<br /> On imagine après ce que peut être la « profondeur » du reportage réalisé et ce qu'elle a pu comprendre de la situation sur place en 4, 5 jours de vacances au soleil.<br /> <br /> <br />
A
Bien entendu ! dès que l'on montre une tortue et quelques coraux, je me mets à rêver :)<br /> En attendant, je plonge bientôt à Antibes puis en Egypte, à Safaga...
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M
<br /> Et bien bonnes plongées en Méditerranée et en mer Rouge alors.<br /> Pour ma part, le programme « plongée » des prochains jours, c'est un concours de photos sous-marines organisé par un des clubs de l'île. Avec, quand même et entre autres, une stab, un ordi et un<br /> détendeur à gagner...<br /> <br /> <br />
A
Hello !<br /> De retour pour une petite semaine sur la toile avant de filer dans le sud de la France. Je viens de rattraper le temps perdu et lire tes articles. <br /> Il est vrai que vue de la métropole, l'intégration de Mayotte n'est pas qq chose de réjouissant pour toutes les raisons que tu cites (RMI, polygamie, voie royale pour passer de l'Afrique vers l'Europe...). Dans cette période de crise, ce n'est pas une bonne nouvelle et les médias n'ont pas hésité a noircir le tableau.<br /> En revanche, il y a quelques jours un JT a passé un superbe reportage sur les fonds marins, pour inciter les français de métropole à passer des vacances à Mayotte...de quoi faire rêver et redorer un peu le blason de l'ïle.
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M
<br /> Salut,<br /> <br /> Je me disais effectivement qu'on ne te voyait plus beaucoup sur le Net, ces derniers temps.<br /> Sinon, le reportage t'a fait rêver ? Ça t'a donné envie de venir voir ?<br /> <br /> <br />