Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 22:00

Ce soir, un article inédit et surtout différent des quelques 200 précédents. Un article qui ne parle ni de plongée, ni de Mayotte, ni de Bretagne, ni d'un poisson ou d'une quelconque autre créature marine. Non, ce soir un article pour évoquer un très très gros coup de cœur musical : le « Live from Montréal International Jazz Festival » de Ben Harper.

Ben Harper L'album est paru au début de l'année 2010, je ne colle donc pas tout à fait à l'actualité. Mais, à ma décharge, en 2010 j'étais à Mayotte où les magasins de musique sont pour ainsi dire inexistants. Je n'ai donc découvert le disque que très récemment et je pourrais le résumer ainsi : un enregistrement de très grande qualité d'une prestation exceptionnelle. Tou simplement !

Le contexte. En 2009, le festival international de jazz de Montréal fête ses 30 ans. Ça devait être une édition particulière, mémorable, avec, notamment, un final à la hauteur. Et ce fût le cas avec Ben Harper et son nouveau groupe, les Relentless7.

Je connaissais les inspirations précédentes du chanteur-guitariste, des inspirations teintées de reggae, de folk, de gospel. Je connnaissais le précédent « Live from Mars », tout en finesse. Mais avec ce disque, rien à voir. L'artiste revient avec un gros son beaucoup plus rock (ce n'est pas un hasard s'il reprend un titre des Queen), une énergie débordante, des musiciens talentueux et inspirés. Bref, une véritable démonstration musicale qui déménage, intense, puissante et rythmée ! Et qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler, jusque dans les intonations de voix, un autre show-man exceptionnel : Jimi Hendrix.

Vous l'aurez compris, il s'agit d'un album que j'apprécie particulièrement et que je recommande vivement. Une belle performance, un grand guitariste, de la musique captivante, un son puissant et donc un très très beau disque qui doit trouver sa place dans toutes les cdthèques.

Par Metropolis - Publié dans : Autres & divers
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 21:03

En cette veille de 14 février, petit clin d'œil aux Valentins et Valentines qui, sur terre et sous l'eau, célèbreront, demain, la fête des amoureux. Sur terre, c'est sûr, sous l'eau, peut-être moins :)

Est-ce que les poissons fêtent la Saint-Valentin ? Je ne sais pas, toutefois l'amour, du moins la fidélité (et ce n'est pas ce soir que je vais disserter pour savoir si c'est la même chose) est parfois de mise dans le monde marin. La preuve avec ce bel et sympathique exemple de vie à deux :

Couple de Triptérygions
Couple de Triptérygions

De quoi, ou plutôt, de qui s'agit-il ? D'un couple de Triptérygions, des poissons longs d'une petite dizaine de centimètres, ici avec les nageaoires pectorales en éventail, en train de savourer la douceur de vivre sous l'île de Groix. Je ne sais pas si ces animaux sont réputés fidèles. Toutefois, il me semble que, chaque fois que j'ai pu en observer, le couple était réuni, le mâle avec la femelle.

Au passage , on remarquera que les Triptérygions (outre leur nom autant imprononçable que hasardeux à écrire et qui signifie : « avec trois nageoires dorsales » ) présentent un bel exemple de dimorphisme sexuel (expression savante pour dire que le mâle et la femelle sont différents). Ainsi, M. Triptérygion est-il pourvu d'un corps jaune-orangé se terminant par une tête noire alors que Mme fait dans la sobriété : brun avec des bandes tranversales plus claires (ce qui est également la parure des jeunes mâles).

Deux Triptérygions
Deux Triptérygions

On pourra également remarquer, sur cette deuxième image, la position quelque peu acrobatique de nos deux poissons, délicatement posés sur une paroi verticale, à l'encontre de toutes les lois de la pesanteur. Mais on a vu pire : des Tryptérygions ou certaines de leurs cousines, les blennies, en pleine méditation, tête en bas !?!

Un dernièr détail : comme cela arrive également chez d'autres espèces, les mâles se chargent de la surveillance des œufs fécondés et les nettoient jusqu'à éclosion des larves. Le parfait Valentin ;)

Par Metropolis - Publié dans : Faune sous-marine - Communauté : le monde du dessous
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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 18:46

Quelques nouvelles de Mayotte, successivement l'île aux parfums, l'île au lagon et maintenant l'île aux trésors selon la nouvelle stratégie de communication de l'office de tourisme. Car, même si je n'y vis plus, je continue à suivre ce qui s'y passe.

La fin de l'année a été difficile, je ne vais pas revenir là-dessus. Malgré tout, la vie suit son cours et certaines choses ne changent (heureusement) pas. Les tortues représentent toujours une part importante des trésors de l'île, elles continuent à occuper les esprits de nombreux scientifiques, biologistes et naturalistes. C'est ainsi qu'une conférence leur était consacrée, il y a quelques jours, au Conseil Général, afin de répondre à cette question...

Tortues marines de Mayotte, résidentes ou de passage ?

Tortue marineUne question intéressante que je n'ai peut-être pas suffisamment - voire jamais - évoquée. Est-ce que la tortue que je pouvais observer à Moya, Saziley, N'Gouja ou n'importe où ailleurs était celle qui, la nuit venue, venait pondre sur la plage ?

Réponse : non ! Les tortues qui se nourrissent à Mayotte n'y pondent pas, et celles qui pondent ne s'y nourrissent pas. Ce comportement n'est pas spécifique aux animaux de l'île. Les tortues marines pondent à un endroit du globe (la plage où elle naissent) et se nourissent à un autre (là où les emmène leur migration). Et comme l'a rappelé une conférencière : « on a affaire à Mayotte à deux populations qui se croisent dans les eaux du lagon [...] les tortues pour lesquelles Mayotte est le site d'alimentation sont résidentes, les pondeuses ne se servant de l'île que pour accomplir leur reproduction avant de retourner sur leurs propres sites d'alimentation ».

Cela répond, indirectement, à une autre question : est-ce que si, en nageant, je vois plein de tortues sur les herbiers en journée, j'ai plus de chance d'en voir une pondre le soir ? Réponse : toujours non. Ça n'a rien à voir puisque ce sont des populations différentes.

Le compte-rendu de la conférence est disponible sur le site du journal local Mayotte Hebdo, sous le titre Richesses du lagon. Il détaille tout ça : les fréquences de ponte, la durée des périodes d'alimentation, les cycles de vie d'une tortue verte, etc. Je vous laisse le découvrir et souhaite juste mettre en perspective deux points :

1°/ Un premier, positif et encouragant puisqu'aujourd'hui encore : « L'île est un site de ponte parmi les plus importants au monde, mais également un très gros site d'alimentation [...] Environ 500 femelles par an sont observées à Saziley et Moya pour environ 1 000 pontes. »

2°/ Un second point qui, à Mayotte comme ailleurs, devrait inciter à la vigilance. L'une des conférencière « a également souhaité dresser un état des lieux des menaces qui pèsent sur les tortues marines, le braconnage en tête [...] 67 actes de braconnage ont été recensés en 2007-2008, 122 en 2008-2009, 82 en 2009-2010 et 64 en 2010-2011 [...] La pêche accidentelle [...] les blessures par chien [...] les déchets (sacs plastique) ou les hélices de moteur. »

Bonne lecture de cet état des lieux plutôt positif me semble-t-il. Pour le moment du moins. Pourvu que ça dure...

Par Metropolis - Publié dans : Faune sous-marine - Communauté : Mayotte et sa biodiversité
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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 19:53

Souvenir, souvenir...

L'avantage (et l'inconvénient) de reprendre les articles de mon précédent blog pour les intégrer dans celui-ci, c'est que ça m'oblige à un voyage dans le temps. Certains beaux souvenirs sont ainsi exhumés, ils remontent à la surface de la mémoire pour un petit moment de nostalgie.

Celui d'aujourd'hui concerne une rencontre tout autant formidable qu'imprévue, une rencontre qui reste encore parmi mes plus belles sorties : ma première plongée avec un dauphin ! Car...

En Bretagne aussi on peut plonger au milieu des dauphins

Bon, ok, j'exagère un peu. En Bretagne, on peut aussi plonger au milieu DU dauphin :)

Depuis que j'ai commencé ce blog, j'ai beaucoup parlé de ces mammifères marins. Ils étaient nombreux à Mayotte, autant hors du lagon que dans l'enceinte de la barrière de corail (suivant les espèces). Les occasions de les observer étaient fréquentes. Pour mémoire, quelques-uns de mes précédents articles :

Fait divers dans le lagon

Dauphins et ambiances sous-marines

Baleines... et dauphins

Danse avec les dauphins

Danse avec les dauphins (2)

C'est toutefois oublier un peu vite que la première fois que j'ai vu un dauphin - du genre (très) grand et (très, très) joueur - c'était dans les eaux froides et chargées de Bretagne.

Alors que nous commencions une plongée bio, sur une épave à faible profondeur, quelle ne fut pas notre surprise quand est arrivé ce dauphin-empereur qui ne demandait qu'une chose : jouer !

Dauphin-empereur
Un dauphin-empereur

Le temps de réaliser que la grosse bêbête de 2,50 m qui était soudainement collée à nous était bien inoffensive, les 5 premières secondes de cette heureuse rencontre furent quand même un grand moment de solitude :-$ Mais la suite fut vraiment sensationnelle. Oubliée l'épave, oubliées - pour une fois - les observations bio... l'heure suivante se passa (trop rapidement) à jouer, nager et plonger avec l'animal autant en surface que sous l'eau.

Dauphin et plongeurs
Tête à tête

C'est vrai qu'on se sent petit à côté d'une si grande bête. C'est vrai, aussi, qu'il fallait toujours faire un minimum attention car, même s'il ne voulait que jouer, le dauphin restait plus puissant que n'importe lequel des plongeurs présents... Mais quel pied ! Même si un tel comportement n'est cependant pas naturelle chez un dauhpin normal, sauvage.

Que faisait ici un animal aussi sociable ? Les suppositions sont allées bon train : dauphin dressé, échappé d'un quelconque centre militaire, animal malade, autiste, en rupture de communication avec ceux de son espèce... On ne l'a pas su et on ne le saura probablement jamais. C'est peut-être mieux ainsi. Quelques années plus tard, il reste le souvenir d'un moment très intense, d'autant plus apprécié que l'on sait qu'il ne se représentera pas avant longtemps... s'il se représente.

Dauphin et plongeurs
Dauphin et plongeurs
Par Metropolis - Publié dans : Faune sous-marine - Communauté : Mer, plongée et photos
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Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 23:19

Après la grande planaire rayée, une autre petite histoire de ver des mers, sortie de mes archives photographiques. Parce qu'il y a certainement moins de poissons et de mammifères marins que de vers et de limaces en tout genre qui peuplent les profondeurs du globe. Le sujet est donc inépuisable (ou presque). Parce qu'un ver de mer ça ressemble à tout et à rien, à beaucoup de choses... sauf à un ver de terre. Ça fait donc autant de photos à faire et à montrer. Et, enfin, parce que l'occasion fait le larron. Aujourd'hui, l'occasion se présente sous la forme d'une vieille photo ratée :

Colonie de vers bispires
Colonie de vers bispires au panache rétracté

Entendons-nous bien. Quand je dis que la photo est ratée, c'est surtout par rapport à mon intention initiale. Pour le reste chacun jugera :) Au départ donc, je souhaitais photographier les panaches déployés d'une colonie de bispires. Pas d'bol, au moment de déclencher, tous les vers se sont rétractés.

Néanmoins, mise à part cette première contrariété, l'image possède un avantage certain : celui de bien mettre en avant la principale caractéristique qui différencie les vers bispires des vers spirographes. On voit, en effet, très bien l'extrémité « en 8 » du tube calcaire des bispires. En comparaison, le tube des spirographes a une simple forme de cheminée, et donc une ouverture ronde.

Pourquoi une ouverture en 8 ? Parce que les bispires - comme leur nom l'indique - sont deux par tube. Chacun déploie son panache par l'un ou l'autre des trous. Quand les deux panaches sont complètement ouverts, leurs bras entremêlés, il devient presque impossible de savoir si l'on observe un bispire ou un spirographe. Malheureusement, faire se rétracter les vers est presque le seul moyen de savoir à qui l'on a à faire.

Spirographe
Spirographe au panache ouvert

Il ne s'agit donc pas tout à fait du même animal sur ces deux photos. Mais il s'agit de deux cousins très proches, de la famille des vers annélidés (à laquelle appartient également notre très commun - et un peu moins beau quand même - ver de terre). Les vers annélidés ont le corps composé de plusieurs segments en forme d'anneau (à l'image classique... du vers de terre). Mais, contrairement à leur homologue terrestre, les bispires et les spirographes sont sédentaires. Ils vivent dans des tubes calcaires qu'ils fabriquent eux-même. Pour respirer, se nourrir de petit plancton et collecter le sédiment servant à l'élaboration du tube, ces animaux déploient un panache de branchies, de fines soies d'aspect plumeux disposées en couronne.

Une dernières chose : ces vers sont très sensibles :) Pour les approcher (et les photographier), pas un bruit, pas une bulle plus bruyante que les autres, sinon ils se planquent dans leur tube en moins de temps qu'il ne faut pour le dire ;p

Par Metropolis - Publié dans : Faune sous-marine - Communauté : Bulles
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